« Il me faut un séjour qui n’ait pas d’horizon. »

« Mon coeur, lassé de tout, même de l’espérance, 
N’ira plus de ses voeux importuner le sort ; 
Prêtez-moi seulement, vallon de mon enfance, 
Un asile d’un jour pour attendre la mort. « 

Oui, j’aime Lamartine, ET ALORS???!!! Oui, c’est cucul, ET ALORS?? Oui, c’est Romantico-gélatineux-dégoulinant, mais J’AIME CA !  Bon, je ne l’aime peut-être pas autant que FEDERER, mais quand même, quel artiste, quel poète, quel génie de la langue!! Comme ses sentiments sont exprimés avec beauté! aaaaah! Je me pââââme! 

Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes ;
Il serpente, et s’enfonce en un lointain obscur ;
Là le lac immobile étend ses eaux dormantes
Où l’étoile du soir se lève dans l’azur.

Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres,
Le crépuscule encor jette un dernier rayon ;
Et le char vaporeux de la reine des ombres
Monte, et blanchit déjà les bords de l’horizon.

Quelle puissance évocatrice! Ne voyez-vous pas ce qu’en de si beaux vers il décrit ce qu’il a sous les yeux? Vous me direz que c’est un déprimé de la vie, qu’il n’est pas bien joyeux, et tout ce genre de choses, je sais bien… Mais sa sensibilité, la délicatesse de son âme, la passion de son coeur, le tourment de tout son être, comment les aurait-il mieux exprimer que par ces vers si magnifiques? 

Je sais, je m’emballe. Mais que les scientifiques insensibles me pardonnent, je ne sais rester de marbre devant tant de beauté, devant une telle maitrise de cette langue française que je cherche à maitriser, devant tant de sensibilité… Bon, ok, je la ferme. Et je le laisse conclure:

Quand là feuille des bois tombe dans la prairie,
Le vent du soir s’élève et l’arrache aux vallons ;
Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie :
Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !

(notez que je vous ai épargné Le Lac, dont je sais que beaucoup sont lassés… (les incultes, les insensibles, les paiens, les barbares!! ))

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2 réflexions sur “« Il me faut un séjour qui n’ait pas d’horizon. »

  1. En fait, ce qui est embêtant chez Lamartine, c’est la longueur. Il en devient lassant. Mais si on ne se décourage pas, on trouve des perles, un quatrain par ci

    « Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,
    Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?
    Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
    Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé ! »

    un sizain par là

    « Le livre de la vie est le livre suprême
    Qu’on ne peut ni fermer, ni rouvrir à son choix;
    Le passage attachant ne s’y lit pas deux fois,
    Mais le feuillet fatal se tourne de lui-même;
    On voudrait revenir à la page où l’on aime,
    Et la page où l’on meurt est déjà sous vos doigts … »

    Vraiment, c’est pas mal ! Pas joyeux, effectivement, mais bien résumé ! 😉

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