J’ai rencontré des Néo-Soviétiques.

Hier soir, j’étais, comme tous les mercredis, Place du Ralliement, à Angers, avec les Veilleurs. Depuis la semaine dernière, un petit groupe, les « Réveilleurs », vient perturber nos Veillées, qu’ils appellent des prières et qu’ils nous exhortent à aller finir dans une église. Ces Réveilleurs (ou Éveilleurs: le nom change, selon facebook ou twitter), bruyants, irrespectueux, insultants, parfois à la limite de la violence, mais tout à fait agressifs (cf distinction dans mon article précédent ). Ces Messieurs-dames, se lassant de frapper leurs casseroles avec leurs cuillères (c’est fatiguant, à la longue!), ont voulu faire comme nous: chanter. Outre la qualité de la chorale qui n’était pas d’un aussi bon niveau que leur fanfare de la semaine dernière, c’est surtout le chant qu’ils ont entonné qui m’a stupéfaite (Je ne dis pas « choquée », sans quoi certains vont encore me qualifier de bisounours. Sachez cependant (mais c’est un secret) que j’ai été choquée, bouleversée, d’entendre ce chant. (Admirez le suspense dans lequel je vous laisse attendre!! ) ).

Ces gens, ces Français, ces hommes et femmes du XXIè siècle, ont entonné, tenez-vous bien, l’Internationale. Ces mots, ces notes ont raisonné Place du Ralliement:

« C’est la lutte finale
Groupons-nous, et demain,
L’Internationale,
Sera le genre humain. »

Se rendent-ils compte, ces Réveilleurs, du symbole que transporte ce chant? Des horreurs dont ils été l’insigne? L’Internationale, c’est la lutte ouvrière. Quel est le rapport avec les Veilleurs? Aucun. Ce n’est donc probablement pas pour cela qu’ils ont chanté ce chant. Mais l’Internationale, c’est aussi, et avant tout dans les mémoires, l’hymne national de l’URSS. Et par là, un emblème du totalitarisme. Un emblème de l’Anti-France, puisqu’elle ne prône ni la Liberté, ni l’Égalité, ni la Fraternité. Elle est violence, elle est révolte, elle est haine. Et voilà ce que nous opposaient, à nous, Veilleurs pacifiques, attachés aux valeurs et à la culture françaises, ces personnes sans respect, qui affichaient ouvertement, comble de l’ironie, leur espoir des Lendemains qui chantent, leur amour du communisme, leur attachement, finalement, à ce totalitarisme qui s’installe peu à peu en France, n’est déplaise à Monsieur Hollande…

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Hommen, Hommen, qu’as-tu fait de ta raison?

Les Hommen sont très fiers d’eux: ils font la Une du New York Times, et la France entière parle d’eux: Rafa Nadal lui-même, avec son huitième Roland Garros remporté et son tout nouveau record, passe à la trappe. Quel courage, lit-on partout, d’avoir ainsi osé s’introduire sur le Chatrier pour la finale homme de Roland Garros! Quel courage, vraiment? Non. Quelle connerie! Ceux qui me lisent depuis longtemps savent ce que je pense du projet de loi, et que je suis contre. Très contre.  Pour autant, je trouve cette action carrément lamentable, ridicule, affligeante, peineuse, déplorable, miteuse, craignos et pitoyable. Oui. Tout ça. Et je mâche mes mots. Ils ont, ce matin, publié un  » Communiqué à l’attention de Raphaël Nadal » (D’ailleurs, amis Hommen, si vous me lisez, c’est Rafael, pas Raphaël…), tout aussi lamentable: aucune excuses, rien.

En tant qu’opposante à la loi, mais aussi et avant tout citoyenne de France, je suis extrêmement choquée par cette action. Que font-ils du respect de l’homme, qu’ils veulent pourtant défendre? Parce que oui, Nadal et Ferrer se sont retrouvés dans une situation difficile, les empêchant de faire leur travail! Ils sont joueurs de tennis professionnels: au même titre qu’un éducateur, qu’un boulanger, qu’un journaliste, ils ont le droit de travailler librement et en toute sécurité! Ils ont le droit de jouer leur match, leur finale, événement majeur de la carrière de Ferrer en particulier, dans le calme, dans les conditions habituelles!

Cette intervention sur le Court Central est complètement déplacée. Le sport n’a rien à voir avec cela. Et les finalistes, tous les deux Espagnols, n’auraient pas dû avoir à gérer ce genre d’événement fâcheux et inopinés, qui n’a rien à voir ni avec eux, ni avec leur sport. Je lis sur les réseaux sociaux ce genre de réactions: « Une finale de Roland Garros serait donc plus importante que les droits de l’enfant?! » Mais là n’est pas la question, mesdames et messieurs les excités! La question, c’est jusqu’où allons nous? Jusqu’où peut-on aller pour ne pas discréditer notre combat? Jusqu’où peut-on encore se targuer d’être pacifiques? Là, vous avez dépassé toutes les limites: vous avez pourri l’image de tous les opposants par votre seule intrusion sur le Central; vous avez volé le pacifisme de tant de personne par une intervention agressive; vous avez manqué de respect à de nombreuses personnes (Rafa et David en premier lieu, mais aussi tous les organisateurs du tournoi, les équipes des deux joueurs, le public présent et tous les téléspectateurs); vous avez manqué à beaucoup de vos devoirs de citoyens comme d’opposant à la loi Taubira. Et c’est quand même dommage. Pour ne pas dire stupide.

Le match puait. Rafa contre Ferrer, ça devait être moche. Je vous l’accorde: vous avez au moins eu la décence de ne pas interrompre Roger. Mais cela aurait eu plus de sens pendant un match d’un Français. Pas plus honorable, pas moins stupide, mais plus concret, moins inadapté. Venir en Sweat LMPT, oui! Balancer des fumigènes pendant un match, non!! Je suis affligée par votre bêtise, votre manque de respect, votre incohérence… Votre prochain happening, c’est quoi? Vous pointer au milieu d’un opéra de Mozart, un Autrichien qui ne vous a rien fait, rien demandé? Arriver devant les coureurs du tour de France? Débouler dans un grand défilé de mode, parce que de toute façon, « dans ce milieu c’est tous des Pédés! »? Non, quoi! Réfléchissez, pensez, utiliser vos neurones: je suis sûre qu’ils vous disent: « STOP À ÇA!!!! »

J’apporte une petite précision, sur le tard, destinée à ceux qui ont qualifié cet article de « bisounours », et à ceux qui le liront par la suite, j’écris la plupart du temps « à chaud ». Mais je vous recommande cet autre article, de Pierre Vallinat, qui remporte tous mes suffrages et exprime exactement ma pensée, en des mots plus posés, mais non moins spontanés et pertinents.

Source image : wikimedia commons

Jo-Wilfried Noah?

Quelqu’un qui m’est (très) cher m’a lancé un défi: écrire un article « posé », sans m’énerver ou m’exalter, ou tout ce genre de choses. Défi difficile pour la folle entière et enthousiaste que je suis, mais défi impossible à ne pas accepter pour mon orgueil. Défi relevé, donc. Et j’ai décidé d’écrire sur le match de Tsonga contre FEDERER d’hier, 4 juin 2013, en quarts de finale de Roland Garros. Y’en a bien qui sont fan de foot, moi, je suis fan de tennis, comme vous devez le savoir si vous me lisez depuis longtemps. Je vous proposerai ensuite cet article tel que je l’aurais écrit sans ce petit défi.

Ce match, donc. Match bref puisqu’il n’a duré qu’ 1heure 51, et que 3 sets, remportés par Tsonga face au MAÎTRE FEDERER. 3 sets, 7-5 6-3 6-3. Que s’est-il passé pour que Roger se fasse avoir de la sorte?On n’avait pas vu Jo jouer comme ça depuis sa finale en 2008 contre Djokovic à l’Open d’Australie. Sauf que depuis, il a mûri, il a vieilli, et il a énormément progressé sur terre-battue. Et le voilà: demi-finaliste à domicile, aux Internationaux de France, devant son public. Roger, de son côté a effectué un match très pâle. Très peu de premiers services réussis: dans le filet ou faute, peu de balles de break, ou alors contre lui… Federer a joué un tennis digne d’un top 50, et loin de son niveau. «J’étais en forme. Je le répète, le mérite revient à Jo», a déclaré le Bâlois à l’issue du match. On reconnaît ici le fair-play typique du monde du tennis, et particulièrement de Federer. Mais en réalité, même s’il était en forme physiquement, son tennis, lui, était loin d’être « en forme ». « Avec mon coach on a beaucoup parlé, on a essayé de voir comment Federer joue sur terre battue et pourquoi Rafa réussit si bien face à lui. J’ai essayé de faire la même chose et ça a fonctionné. », a quant a lui expliqué Tsonga après sa victoire éclatante, après ce match où il a dicté le jeu au MAÎTRE. Un grand Jo, c’est ce qu’on a vu hier, face à un petit Roger, qui ne faisait pas le poids. 

La France entière, aujourd’hui, se prend à rêver d’une victoire Française à Roland, en cette année où les amateurs de tennis repensent avec nostalgie à cette dernière victoire Française à Roland Garros, il y a 30 ans, celle de Yannick Noah face à Wilander. Mais pour aller jusque là, il faudra que Jo parvienne à battre David Ferrer, excellent sur terre-battue, en Espagnol qui se respecte, et qui, comme notre français, n’a pas perdu de temps sur les courts depuis le début du tournoi, puisqu’ils ont tous les deux remporté tous leurs matches en trois sets. S’il remporte cette demi-finale, Tsonga sera le premier Français depuis Leconte en 88 à aller en finale à Roland Garros. C’est tout ce qu’on lui souhaite!

 Voici maintenant ce que j’aurais écrit, moi, Ribisel, si ce cher ami ne m’avait pas lancé ce défi, ce test, quoi!

Roger, mais ROGER, QUOI!!! C’est quoi ce cake?? Bouffé en 3 sets par Jo, toi qui n’avais jamais été battu par un Français en dix participations à Roland! T’as pas honte? Tu aurais au moins pu avoir le style de le perdre en 5 sets, quand même! Et moi qui avais pronostiqué ta victoire après un match accroché de genre de celui de Stan Wawrinka contre Richie Gasquet… Tu imagines un peu ma déception… Tu nous as fait un mauvais match. très mauvais, même… Tous ces services dans le filet, toutes ces fautes directes, double-fautes, bales trop longues…. Tellement indigne de toi! Où est passé le MAÎTRE ROGER? Que lui est-il arrivé? Jusqu’à la fin, j’ai espéré, mais non.
Je suis quand même contente pour Jo, qui mérite sa victoire, et qui nous offre le rêve de voir un Français à nouveau gagner à Roland Garros, et même tout simplement en Grand Chelem, chose que je n’ai jamais vue…  Je suis maintenant à fond derrière notre Français, et j’espère qu’il ira jusqu’au bout. S’il a battu Roger, il peut tous les battre. Ferrer va être compliqué, mais pas impossible (forcément, puis qu’impossible n’est pas Français! 🙂 ). Mais la suite, la finale, quoi, risque d’être très accrochée, surtout si c’est contre Nadal ou contre Djoko. J’espère plutôt Wawrinka, en fait, mais pour cela, il faudrait que le Suisse batte Rafa ET Djoko.Sauf si Haas sort le Serbe. Compliqué, donc… Mais qui sait? Si Jo a pu battre Roger, après que Monfils a battu Berdych… Pourquoi ne pas rêver à une victoire de Tsonga? Alors, cette année sera-t-elle celle de Jo-Wilfried?