« Des bananes pour la gueunon » et des baffes pour les gosses mal-élevés?

Angers défraie la chronique, ces derniers jours, depuis la visite de Madame Taubira au Palais de justice angevin. Une gamine d’une douzaine d’années l’aurait traitée de guenon, dans le cadre d’une opération de La Manif pour Tous. Et ses parents de rire fièrement à la charmante blagounette de leur fille. Mais où va-t-on? Angevine, militante de LMPT, je suis attristée par ces mots, par ces événements, par cette haine. Ce n’est pas Taubira, contre qui nous nous battons, ce sont contre les idées qu’elle défend. La haine de la personne n’apporte rien, et au contraire, elle décrédibilise le combat que nous menons, puisque cela est en totale incohérence avec les propos tenus par l’équipe « officielle » de la Manif pour Tous. Nous voulons le respect de l’homme dans tout son être, qu’il soit en accord avec nous ou non. Le combat contre des idées ne doit pas porter atteinte à la dignité d’une personne humaine, même si elle incarne ce à quoi nous sommes opposés. Cette jeune fille mérite (n’en déplaise à Madame Bertinotti et ses amis détracteurs de la fessée) une bonne paire de claques. Honnêtement, les parents de cette fille sont inconscients de la portée des mots de leur fille. Insulte à un ministre en fonction, insulte à une personne humaine, insulte à tout le mouvement dont ils se revendiquent… Bravo, l’éducation, bravo l’engagement…

La fessée se meurt-elle?

500€ d’amende pour avoir mis une fessée à son fils. Est-ce normal ? Est-ce de la démagogie ? Grande question, n’est-il pas ? La fessée est-elle une sanction trop sévère pour un enfant ? Est-ce une humiliation trop forte ? Est-ce une punition simplement physique, ou produit-elle des traumatismes psychologiques pour le reste de l’existence de la malheureuse victime de la violence démesurée de l ‘adulte ? Honnêtement, une fessée, ça fait mal. Oui. J’en ai reçu un paquet. Mais en suis-je morte ? En suis-je devenue une déséquilibrée mentale ? Ce que l’enfant ne peut pas comprendre par la raison, justement du fait qu’il est enfant, il l’enregistrera tout de même s’il reçoit une punition physique. Si on lui dit « Ne t’approche pas du feu, ça brûle », et qu’il le fait quand même, sa brûlure aura été la punition de sa désobéissance, et la donnée « le feu, ça brûle » sera enregistrée par son corps, et par cette voie, par sa raison.

On entend nos politiques s’offusquer de ce geste scandaleux et rétrograde, qui devrait être définitivement éradiqué de nos mœurs civilisés. Parce que quand même, à notre époque, l’éducation passe par autre chose, « le dialogue », par exemple, selon Madame Bertinotti. Est-ce qu’un gosse de 5 ans est capable de comprendre ce qui est bon ou mauvais pour lui, quand on « dialogue » avec lui ? Une punition physique est-elle forcément superflue ? Attention, je ne suis pas en train de cautionner les violences faites aux enfants . Entre mettre une fessée à son enfant et le battre, il y a quand même une marge. La fessée doit être occasionnelle et surtout éducative. Ne pas être donnée dans un accès de colère, comme un exutoire à une rage ou une humiliation devant la désobéissance. Je me demande comment nos ministres éduquent leurs enfants… N’est-ce pas, Madame Marisol Touraine ? Avez-vous expliqué à votre fils que voler, c’est mal ? Lui avez vous mis une fessée le jour où il a commencé à piquer dans les placards ? Peut-être que si vous aviez été un peu barbare, rétrograde, il n’en serait pas là où il est…