Les aventures de la SNCF, près de 70 ans après la fin de la Shoah

AVERTISSEMENT: Je ne suis pas négationniste, je ne rejette pas non plus le préjudice moral subi par les familles des victimes de l’Holocauste. Cet article est uniquement une réflexion sur la pensée actuelle, que je trouve sur ce point là trop extrême, et trop tournée vers le passé. C’est dit, qu’on ne vienne pas me taxer d’antisémitisme, de négationnisme, de fascisme, de nazisme, extrêmisme et autres -ismes. (J’accepte uniquement « catholicisme ».) Merci. 🙂

Vous savez sans doute lu que des élus américains demandent réparation à la SNCF pour sa contribution à la déportation des Juifs pendant la seconde guerre mondiale. (Pour ceux qui ne le savent pas, plus d’info ici, ici et ici). La SNCF avait en effet affrété des convois vers les camps en Allemagne, sous le régime de Vichy. (Il est bon de savoir que 21 des 33 membres du Conseil d’administration de la SNCF sont  désignés par l’État, qui, à l’époque de l’Etat Français, aurait pu être plus exemplaire sur cette question de la déportation). Je reconnais volontiers que c’est une faute grave, inacceptable et inexcusable. Participer à un crime contre l’humanité est une véritable abomination. Le dirigeant de l’époque, Pierre Tissier, a donc contribué au meurtre de millions de Juifs.  

Mais ça, c’était il y a plus d’un demi-siècle. Certes, c’est peu à l’échelle de l’humanité. mais n’est-il pas temps de passer à autre chose? Pour un crime commis il y a 70 ans, faut-il boycotter une société dont les membres actuels ne sont qu’héritiers de cette faute, et pas les fautifs eux-même? Si le groupe Hugo Boss a accepté, en 2000, de payer 500 000 livres sterlings au Fonds d’indemnisation des anciens travailleurs forcés, en compensation du travail effectué pendant la Seconde guerre mondiale, est-il légitime pour autant d’en imposer autant à d’autres sociétés? La SNCF telle que nous la connaissons aujourd’hui n’a rien fait contre les Juifs, n’a pas contribué à un crime contre l’humanité, n’a pas été un « rouage dans la machine nazie », selon les termes de Guillaume Pepy, dirigeant de la SNCF depuis 2008. «Contrainte, certes, notre entreprise a acheminé ces trains jusqu’à la frontière. Elle l’a fait.», a-t-il également reconnu en 2011. Pour un homme qui est né après la mort même de Pierre Tissier, c’est, je pense tout ce qu’il peut faire. Et même si le préjudice moral est grand pour les descendants de morts en déportation, ce ne sont pas les liasses de la SNCF qui vont leur rendre leurs parents et proches victimes du nazismes. 

Rend-on aujourd’hui la France ou même l’Allemagne responsables des crimes perpétrés par Hitler et l’Allemagne nazie, et sous l’Etat Français? Non. En 1995, Jacques Chirac reconnaissait aussi la responsabilité de la France, et donc de nos ancêtres dans les déportations, dans un discours prononcé au Vel’d’hiv:  » Ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’État français. », disait-il alors. Et il avait raison: cela, c’est le passé de notre France.  Pour autant, nous, Français du XXIè siècle, et nos voisins Allemands, ne sommes pas responsables de ce qu’ont fait nos ancêtres. Pour prendre une référence littéraire, dans Le Seigneur des Anneaux, Arwen s’adresse en ses mots à Aragorn: « Pourquoi avez-vous peur du passé? Vous êtes le descendant d’Isildur, pas Isildur en personne, vous n’êtes donc pas lié à son destin. » Et tel est notre cas, tel est la cas des Allemands, tel est les cas des employés de la SNCF. 

Pour moi, tout ce que l’on peut reprocher aujourd’hui à la SNCF, c’est d’être un peu trop souvent en retard,  mais tout de même pas au point d’en être encore à 1945…