Fidélité, adultère, droit et morale: roman illogique…

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Fragonard – Le Baiser dérobé

L’adultère n’est plus contre la morale. Enfin, selon la loi française. C’est la loi qui s’adapte aux mœurs, et non plus le contraire: normal, quoi. Vive la France, et vive sa Justice… Selon la Cour de Cassation, en effet, l’adultère n’est plus un acte contraire à la morale. Donc allez-y, lâchez-vous, de toute façon ce n’est pas immoral…! Oh wait… Donc ça veut dire qu’on peut avoir sa femme « légale », sa femme légitime, avec laquelle on est passé devant le maire, et à côté, une (ou plusieurs!) maîtresse(s), sans légitimité, sans lien officiel et légal avec vous…

 

A partir de là… c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres! Si avoir une femme et une maîtresse n’est pas « pas-bien », pourquoi avoir deux femmes le serait-il? Vraie question que je me pose et à laquelle je ne trouve aucune réponse satisfaisante, voire simplement logique. Jusque là, avant de pouvoir moralement entamer une nouvelle relation, il fallait attendre jusqu’au divorce, et cela montrait bien que nous ne sommes pas des bêtes… Même si j’ai moi-même un idéal de fidélité « jusqu’à ce que la mort nous sépare »,  je pense que quitte à changer de compagnon ou de compagne, on peut attendre, on peut se retenir!

Ce que ça veut dire aussi, c’est que le mensonge et le parjure ne sont plus non plus immoraux, puisque, lors de leur passage à la Mairie, « les époux se jurent fidélité l’un à l’autre ».  Si ne pas respecter ce vœu ne pose plus de problème moral, c’est donc que lui-même n’a plus aucune valeur… Alors, le mariage en a-t-il seulement encore une?

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5 réflexions sur “Fidélité, adultère, droit et morale: roman illogique…

  1. Oh wait… Donc ça veut dire qu’on peut avoir son mari « légal », son mari légitime, avec lequel on est passé devant le maire, et à côté, un (ou plusieurs!) amant(s), sans légitimité, sans lien officiel et légal avec vous…

    OUI ! Pourquoi pas ?

    Il me semble important de faire ici une distinction.

    On peut être fidèle en amour, sans pour autant limiter sa sexualité à un(e) seul(e) partenaire …

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    1. C’est là que nos avis divergent… Pour moi, vous l’aurez compris (et mon post n’engage que moi!), la sexualité et l’amour sont liés, et plus encore lorsque l’on est marié. Sinon, pourquoi dit-on de quelqu’un qu’il est infidèle si sa vie sexuelle parallèle à son mariage n’est que « pour le sexe »?
      La distinction que vous introduisez est tout à fait intéressante et caractéristique de ce que je pense être le poison de l’amour et du mariage.

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      1. Je suis tombée par hasard sur cet article, et je tenais à apporter mon témoignage. Je vis en concubinage avec mon compagnon, nous ne sommes pas encore mariés, mais après mûres réflexions nous avons décidés d’être sexuellement « libres ». Après tout, quel est le problème ? Se faire confiance, vivre ensemble, s’entraider et construire un futur commun est la plus belle, la plus vraie preuve d’amour que nous puissions avoir, et c’est la seule dont nous ayons besoin.

        Ce n’est pas pour autant que nous avons constamment envie d’avoir des rapports sexuels avec n’importe qui, et dans les faits, ça nous arrive assez rarement d’aller « voir ailleurs ». Mais si, à un moment particulier, avec quelqu’un de particulier, l’envie naît, alors pourquoi la refréner ? Pour nous, le sexe n’est pas forcément un acte d’amour avec un grand « A » ou un instinct animal de base, il peut aussi être un moment beau et agréable de confiance, d’amour avec un petit « a », de reconnaissance mutuelle…
        L’important, c’est que les choses soient claires pour tout le monde et bien sûr que les règles d’hygiène soient respectées.

        Sur un tout autre sujet, j’ai peut-être mal compris, mais vous avez écris « c’est la loi qui s’adapte aux mœurs, et non plus le contraire »… Encore heureux, non ? Les mœurs évoluent, et si la loi était gravée dans le marbre on aurait pas aboli l’esclavage ou la peine de mort !
        Cependant, comme vous je suppose, il y a des valeurs fondamentales que j’espère ne pas voir disparaître de sitôt, mais c’est un débat complexe 🙂

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        1. Merci pour votre témoignage et votre réflexion! 🙂
          Pour moi, justement, le fait que vous ne soyez pas mariés change complètement la donne! Vous n’êtes de fait pas engagés dans le contrat civil signé en Mairie, vous voyez ce que je veux dire? Si vous souhaitez aller « voir ailleurs », de fait, rien ne vous en empêche, parce que légalement, rien ne vous lie à votre compagnon.
          Le problème aussi, c’est que le mariage et l’amour, en fait, ne sont pas directement liés. Légalement, j’entends.C’est quand même mieux de s’aimer pour se marier, mais ce n’est absolument pas une condition. Il faut être majeur ou émancipé, libre, etc., mais pas nécessairement amoureux.

          Enfin, pour ce qui est des lois qui s’adaptent au moeurs, nous ne sommes pas d’accord non plus. Les exemples que vous odnnez ont fait changer les moeurs, et pas l’inverse, puisque l’esclavage existait encore, ainsi que la peine de mort. Mais si on vous suit, on devrait faire un arrêté municipal à Marseille pour autoriser les fusillades, on devrait autoriser les gens à laisser leurs poubelles n’importe où, etc.

          J’espère que vous comprenez mon point de vue! En tout cas je vous remercie pour votre commentaire. J’aime quand il y a du débat, cela pousse à réfléchir, et apporte des éléments à la réflexion! 🙂

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  2. Pas nouveau ça. Il y a un certain temps maintenant que le mariage n’est plus qu’un papier « économique », en France. Il est normal d’avoir un ou plusieurs amants, les articles fleurissent d’ailleurs avec des témoignages tels que « pour sauver mon couple, je l’ai trompé avec son meilleur ami », et autres joyeusetés.

    Exactement comme pour le tabou du sexe avec des mineurs (qui tend à être favorisé et soutenu par certains), qui s’écroule à mesure que l’homosexualité se déploie, le tabou de la monogamie tombe avec la fin de l’adultère. Et dans quelques années, le tabou de l’inceste tombera sans doute lui aussi, « au nom de l’amour plus important que tout » (après tout, pourquoi s’embêter, dès lors qu’une union entre parents peut demeurer infertile, et que dans le pire des cas on peut tuer l’enfant mal-formé jusqu’au jour précédent sa naissance?).

    La conclusion? L’amour a probablement tué le mariage, aussi sûrement que la liberté individuelle a tué la société, l’État et la morale. Aujourd’hui, les nouvelles générations sont déracinées, sans nation, sans famille, sans genre, sans histoire…avec pour seul but de tenter, maladroitement et sans aucun indice pour les diriger, de construire leur personnalité dans un monde chaotique et autodestructeur. Il est certain que le rôle des professeurs va être crucial dans le siècle à venir…

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