Hugo, Tocqueville, ces incompris…

Cher bachelier,

Toi qui a planché sur Hugo l’année dernière au Bac de Français puis l’as démonté (bêtement) sur les réseaux sociaux,
Toi qui as étudié Tocqueville cette année en philo, et lui as réservé le même sort qu’à notre Victor national,
Toi qui, enfin, a galéré sur la question M de l’épreuve d’Anglais et en exiges le retrait de la notation,

Permets moi de te dire que le Bac n’est pas une interro écrite. Que si tu n’es pas capable de répondre aux questions, de rédiger une dissertation, de commenter un texte, tu n’es pas non plus capable, pour l’instant, de faire des études supérieures. Que pleurer parce que c’est difficile ne changera rien (et en plus, ce n’est PAS difficile!). Que ce n’est pas la seule question M qui t’empêchera d’avoir ton bac si tu as suffisament travaillé toute l’année pour le garantir la moyenne dans toutes les matières. Qu’au lieu de faire des pétitions pour gagner un point sur ta copie d’anglais tu ferais mieux de préparer les épreuves suivantes pour y récupérer ce fameux point. Que les profs sont déjà très sympas dans la notation des épreuves, et que donc, ton Bac, en vrai, tu vas l’avoir. Que si tu n’es pas capable, enfin, d’apprécier des textes comme ceux d’Hugo ou de Tocqueville, ni de déduire du contexte la signification d’un pauvre mot d’anglais, tu risques fort, même en obtenant ton Bac, de te retrouver rapidement en difficulté, dans tes études ou dans ton travail.

Je n’ai rien contre toi, cher Bachelier. J’ai moi-même passé le Bac il n’y a pas si longtemps, et je doute que le niveau de l’examen soit tellement plus mauvais aujourd’hui qu’il y a cinq ans. En 2011, quand j’ai passé le Bac, le taux de réussite était au-dessus de 85%. Alors je pense que tu peux, toi aussi, faire partie de cette grosse majorité de diplômés, sans pour autant rédiger des tweets de ce type: « Victor Hugo tu pu vraiment enfoiré , avec ton crépuscule du cul là ! » (sic.), (Cela dit, vu l’orthographe de ce tweet, je peux comprendre qu’on ait des difficultés en Français…) ou encore « Tocqueville frère la chatte à ta maman à écrire des textes comme ça ».

Cher Bachelier, prends-toi en main! On ne t’a rien demandé d’impossible. Juste un peu de travail et de réflexion, et au fond, quoi de plus normal pour un examen? Allez, bon courage pour la suite, travaille bien, réfléchis, fais preuve d’intelligence et de maturité, et tu l’auras ton Bac! Comme tout le monde!

La désillusion d’une note de mémoire…

Aujourd’hui, j’ai reçu ma note, couronnement  de longs mois de travail sur Paul Verlaine. Mon sujet: « Le bonheur et la joie dans la poésie de Paul Verlaine ». Passionnant pour ceux que ça passionne, comme dirait mon prof de linguistique. 13. On me dira que ce n’est pas trop mal. C’est vrai. C’est pas trop mal. Mais c’est pas bien pour autant. Et quelle est la raison évoquée par mon tuteur pour justifier cette note? Le trop peu de citations. Ok. Mais aussi la présence de poèmes érotiques de Verlaine dans mon corpus et mon paragraphe de 22 lignes les analysant. Commentaire: «  »Pas nécessaire, pas la peine de citer ». Faudrait savoir… Est-ce parce qu’il est trop infamant de parler de zizi qu’il faut éviter de citer, et se contenter d’évoquer les poèmes bucoliques et charmants, à la limite du « kikoulol » pour éviter de choquer les bonnes mœurs? Mais mon cher Monsieur, Verlaine n’était pas Maurice Carême, qu’alliez vous penser? Que sa poésie ne parle que de petits oiseaux et fleurs dans les prés? Non, Monsieur. Verlaine avait des mœurs passablement dissolues, qu’il évoquait sans retenue dans sa poésie. Et il était normal, voire nécessaire, de citer dans mon travail. Vous avez rayé, dans mon corpus, les quelques poèmes érotiques que j’avais osé y placer. Les plus trash comme les plus jolis. Parce que oui, Monsieur, on peut parler joliment de sexe et de débauche. Surtout quand on s’appelle Verlaine. Alors siouplait, soyez cool pour l’oral, promis, je ne citerai pas les poèmes qui évoquent le dessous de la ceinture!